201310_01

Genèse, 19 — Schlomo et Vienne
1 Josef et Wilhelm arrivèrent le soir alors que Schlomo était assis à la porte de Vienne. (…). 2 Il dit : « De grâce, mes docteurs, faites un détour par mon cabinet, allongez-vous sur mon divan, faisons une séance d’hypnose et de bon matin nous écrirons une topique. » Ils lui répondirent : « Oh oui ! une topique. » 3 (…)
4 Ils n’avaient pas encore défini le préconscient que la maison fut cernée par les bourgeois de Vienne. 5 Ils dirent : « Où sont les docteurs ? Fais-les sortir. » 6 Schlomo (…) 7 (…) dit : « De grâce, mes bourgeois, ne faites pas obstacle à la topique ! 8 J’ai à votre disposition ma fille Anna qui n’a pas connu d’homme, je puis la faire sortir vers vous et vous en ferez ce que bon vous semblera. Mais ne faites rien à ces docteurs ; notre méthode de cure sauvera l’humanité. » 9 Ils répondirent : (…) « Cet individu est venu en émigré et il s’invite dans nos psychés ! Nous allons lui faire plus de mal qu’à eux. » Ils s’approchèrent pour enfoncer la porte. 10 Mais Josef et Wilhelm tendirent la main pour faire rentrer Schlomo dans le cabinet, près d’eux. Ils fermèrent la porte, 11 et frappèrent d’hystérie les bourgeois qui étaient devant l’entrée de la maison, (…) ; ils furent plongés dans l’inconscient.
12 Josef et Wilhelm dirent à Schlomo : « Qui as-tu encore ici ? Tes fils Sándor, Carl-Gustav et Ernest ? Ta fille Anna ? Tout ce que tu as dans la ville, fais-le sortir de Vienne. 13 Nous allons en effet la détruire, car elle est grande devant l’Immortelle Psychanalyse la plainte qu’elle provoque. Elle nous a envoyés pour la détruire. » 14 (…).
15 Lorsque pointa l’aurore, Josef et Wilhelm insistèrent auprès de Schlomo en disant : « Debout ! Prends ton divan, ta fille Anna et tes entretiens cliniques. » 16 Comme il s’attardait, les docteurs le tirèrent par la main (…) « Sauve-toi, il y va de l’Immortelle Psychanalyse. » (…)
24 quand l’Immortelle Psychanalyse fit pleuvoir sur Vienne du soufre et du feu (…) 26 La fille de Schlomo regarda en arrière et (…) devint enceinte de son père. 37 Elle donna naissance à un fils qu’elle appela Jacques ; c’est le père des psychanalystes d’aujourd’hui. 38 Elle donna naissance à une fille qu’elle appela Mélanie ; c’est la mère des Claude d’aujourd’hui.

Cy Jung®

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Une réponse à 201310_01

  1. Quel chemin parcouru quand on se prend à re-lire, (re)lier, la Bible…

    La femme de Loth — celle qui n’est pas nommée, — celle qui ne dit rien quand Loth propose ses filles aux agresseurs — est sidérée par salaison sur drap de sable parce qu’elle s’est retournée sur Sodome et Gomorrhe, villes maudites par un Dieu qui ne supportait pas le partage. Sa mise hors-jeu, sa « cristallisation » suspend l’interdit, un interdit que les filles de Loth connaissent bien puisqu’elles se justifient de ce qu’elles vont faire. L’aînée mettra au monde Moab (« Issu du père »), et Ruth, la Moabite, sera la mère génitrice de la lignée qui verra naître David. Si je parle de Ruth — en faisant un si grand pas dans les Écritures— c’est parce qu’elle n’est pas, comme la femme de Loth, son aïeule, sidérée par ce qu’elle ne peut quitter, mais dé-sidérée, elle désire — desiderare — et c’est son désir qui la rend mobile…

    Merci pour m’avoir permis ce retour à mes travaux sur La Mer Morte. Comble de l’ironie, les eaux de la Mer Morte soignent les affections… respiratoires !

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