201009_03

— M’sieur ! M’sieur ! Il m’a tiré le maillot !
Le coup de sifflet retentit. La partie ne s’arrête pas.
— Hey ! bouffon.
Un deuxième coup de sifflet retentit. Un premier coup de poing fuse. Il rate sa cible. Un troisième coup de sifflet. Un autre coup de poing. Celui-là frappe juste.
— Ta mère !
— Traite pas ma mère !
L’arbitre est enfin à portée de joueurs. Il a le souffle court. Il tend deux cartons, jaunes.
— Quand je siffle, on arrête le jeu. C’est compris ?
Les deux joueurs le regardent. Ils ont l’air surpris.
— T’es qui, toi ? Pédé !
— Tapette !
Les cartons virent au rouge. Les coups de poing changent de cible. Des pieds s’en mêlent, deux, quatre, six, huit… Le sifflet est éjecté sur la pelouse. Un joueur s’en empare. Il le cache dans son slip. L’arbitre est évacué du terrain.
— C’est qui qu’a le ballon ?
Ils cherchent. Ils ne trouvent pas. Ils entendent comme un petit rire, parfois. Ils songent un temps que c’est l’arbitre qui se moque. Vérification faite, il n’y est plus. Alors qui ? Ils ne trouveront jamais.

Cy Jung©

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2 réponses à 201009_03

  1. Une p’tite suite, sans prétention aucune, car c’est vous deux les artistes !!

    <>

    Bisous,
    - Mylène (MyLzz59) -

  2. (le même commentaire, mais avec d’autres guillemets, désolée :( )

    Une p’tite suite, sans prétention aucune, car c’est vous deux les artistes !!

    « Sur le bord, accoudée à la main courante, une fille les observait. Enfin, une fille.. Sans doute, même si ses cheveux sont courts. Comme un garçon. Même si son look est ambigu. Androgyne, dit-on. Comme un garçon. Même si en s’éloignant, elle marche comme un garçon. C’est elle qui rit tout bas. Elle. Ils ne connaissent pas son vrai prénom. Ils l’ont toujours surnommée la Gouine. Souvent raillée, voire insultée, elle appréciait regarder jouer au foot. Même ces garçons-là.

    Le ballon ? Oh, elle sait où il est. Elle le porte contre son ventre. En son ventre. Sous ses seins nus, recouverts de cette toile légère, la même toile qui lui descend jusqu’aux genoux. Elle porte ce ballon. Fièrement. C’est son ballon. C’est leur ballon. A elle, et à la femme avec qui elle vit, à la périphérie de cette agglomération, un cocon, un nid d’amour, un nid d’amoureuses, elle, et cette autre femme, pas sa colocatrice, non, mais son amoureuse. Son grand amour, l’amour de toute sa vie, vécue et à venir, jusqu’à ce que la mort les sépare, le temps du trajet vers leur paradis commun, leur paradis promis, à elle et à sa compagne, elle et son amoureuse, elle et son amour.

    Le ballon ? Oh, il provient bien d’un garçon, peut-être même de l’un des belligérants de ce terrain dont elle s’est éloignée, clopin-clopant, en tortillant du popotin désormais, comme toute femelle humaine qui porte un ballon. Ce ballon qui dans quelques petits mois leur donnera, à elle et à son amour, un petit être, dont elles seront les deux mamans. Un petit être qui, dès qu’elle sera rentrée chez elle, chez elles devrais-je écrire, sentira une fois de plus que ses deux mamans à venir s’aiment vraiment, quand elle sentira ce souffle chaud collé contre l’accès de cet antre dans lequel elle se construit petit à petit, jour après jour, quand elle sentira le coeur de sa maman s’accélérer sous la caresse délicate de son autre maman, unie à celle qui la porte dans un profond baiser, bouches de natures et de positionnements différents unies dans le même plus noble des sentiments.. »

    Bisous,
    - Mylène (MyLzz59) -

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